
Le narrateur est un journaliste de Delhi qui tente de faire survivre le magazine d’investigation qu’il a monté avec un associé. Un jour, il apprend par la télé qu’on vient d’arrêter cinq hommes qui avaient été engagés pour l’assassiner. Petit à petit, sans l’avoir cherché, il découvre les existences de ces cinq hommes et les circonstances qui ont fait d’eux des repris de justice.
Tous ont connu la violence depuis leur enfance. Violences des propriétaires terriens à l’encontre des paysans de caste inférieure. Violences inter-religieuses et violences policières. Violence quotidienne de la vie des enfants des rues de la gare de Delhi qui retrouvent des souvenirs de chaleur familiale en sniffant du Tipp-Ex. Ce sont toutes les plaies de l’Inde contemporaine qui nous sont présentées là, couronnées par celle qui leur permet de s’épanouir : la corruption généralisée.
Le résultat est prenant, triste et noir. L’auteur ne laisse aucune place à l’espoir. Dans ce monde c’est chacun pour soi même chez les privilégiés : le narrateur est un personnage peu sympathique, très méprisant pour toutes les personnes qu’il fréquente, même ses proches. Le seul à trouver grâce à ses yeux est son guru sans l’avis duquel il ne prend aucune décision.
Les avis de Lounima et Joël.